The Suicide of Rachel Foster | Definitive Edition (PS5)

Développé par : ONE-O-ONE GAMES (Italie)

Sorti à l’origine en : février 2020 (Europe, version PC)

Comment j’ai pratiqué : Terminé en 4h (3 sessions) sur PS5 avec la manette Dual Sense. 60 images par secondes. Version 1.000.001 (numéro interne 1.0.7c). Textes en Français, voix en Anglais avec sous-titres.

Bidouilles diverses : Aucune.

La version Playstation 5 propose :

• Des gâchettes adaptatives qui donnent plus de poids aux actions, pour plus d’immersion ;
• Le retour haptique et les vibrations dynamiques (déclenchées par les événements du jeu, la musique, les battements de cœur, etc.) ;
• 60 fps ;
• Des textures mises à l’échelle ;
• La compatibilité Dolby Atmos.

1993
COMTÉ DE LEWIS ET CLARK, MONTANA, ÉTATS-UNIS

Il y a dix ans, alors qu’elle était adolescente, Nicole et sa mère ont quitté l’hôtel familial après avoir découvert la liaison que son père entretenait avec Rachel, une jeune fille de son âge, qui est tombée enceinte de lui et s’est suicidée.

Maintenant que ses deux parents sont décédés, Nicole espère accomplir la dernière volonté de sa mère en vendant l’hôtel et en se rachetant auprès de la famille de Rachel.

Mais le temps se gâte soudainement et Nicole, désormais dans l’impossibilité de quitter le grand chalet, trouve du soutien auprès d’Irving, un jeune agent de la FEMA, en utilisant l’un des tout premiers radiotéléphones.

Grâce à son aide, Nicole commence à enquêter sur un mystère bien plus profond que ce que pensaient les habitants de la vallée. Un récit d’amour et de mort où la mélancolie se mêle à la nostalgie pour donner naissance à une histoire de fantômes palpitante.[1]

Il s’agit d’un vidéogiciel en vue subjective (première personne) de la catégorie des « simulateurs de musée », comme je les appelle : on se balade dans un environnement très détaillé, sans vie, sans aucun personnage modélisé en 3D, avec de nombreux dialogues ou monologues – en l’occurrence dialogues, l’héroïne étant en contact radio quasi-permanent avec Irving, un type tout entier dédié à l’assister à distance et qui semble tomber amoureux d’elle.

J’ai été charmé par l’hôtel, assez grand et complexe, et par l’atmosphère effrayante qui règne à certains moments (aucun effet grossier pour autant). Il semble y avoir un fantôme mais quand va-t-il surgir ? Comment se manifestera-t-il ? À moins que la vérité soit plus sinistre, avec quelqu’un de bien vivant qui rôde dans les cloisons et nous observe en permanence ?

On parle bien sûr beaucoup de Rachel, la jeune fille qui avait une liaison avec le père de Nicole (l’héroïne) et qui s’est suicidée. Hante-t-elle l’hôtel de son amant ? Est-elle miraculeusement encore vivante ?

Il y a tout ce mystère dérangeant et le vide de l’hôtel, ses bruits, ses craquements, qui ont assez bien fonctionné sur moi et ont su m’inquiéter.

Les révélations finales ne m’ont pas emballé. Irving n’était autre que le frère de Rachel, il faisait semblant d’être amoureux de Nicole à la radio, et apparemment tenait à ce qu’elle reste enfermée dans l’hôtel un moment pour qu’elle cherche la vérité sur la mort de sa sœur, dont il ne croyait apparemment pas au suicide. Nicole comprend en recoupant ses souvenirs que Claire, sa mère, a assassiné Rachel, l’amante de son mari. Irving part se suicider dans la tempête de neige (hors-champ). Nicole commence à se suicider dans sa voiture, en s’asphyxiant avec les fumées d’échappement, mais renonce.

Je n’ai pas franchement saisi les enjeux émotionnels du récit. Irving avance caché tout du long, soit, mais même Nicole si je devais vous résumer ce qui l’a motivée pendant ces dix jours passés à l’hôtel, je ne saurais vous le dire. Une impression de confusion, d’histoire brouillonne où les comportements humains ne sont pas les plus logiques.

Nicole est exécrable avec Irving par radio ; tandis que lui apparaît comme transi d’amour, entièrement dévoué. Ce n’est pas une relation très équilibrée (même sur le temps d’une grosse semaine) et je n’ai pas eu des masses de plaisir et d’intérêt à suivre leurs échanges. Et ce déséquilibre n’est en plus même pas le sujet (alors que ça prend facile les trois quarts du récit) puisqu’il nous est finalement révélé qu’Irving mentait tout du long.

La mère, Claire, se révèle une actrice majeure de l’histoire mais c’est bien LE personnage dont on n’a pas le point de vue, dont on ne connaît pas l’univers (pour Nicole et son père on examine beaucoup de leurs affaires et on parle beaucoup d’eux).

Il y a aussi l’écueil classique des simulateurs de musée plus ou moins fauchés : on est à peu près sûr que l’on ne va croiser aucun autre humain parce qu’on se doute que c’était trop compliqué pour les développeurs d’en modéliser (même l’héroïne n’a pas de corps quand on baisse la tête, et dans les rares cinématiques seules ses mains et avant-bras apparaissent). Hélas, cela plafonne l’angoisse et le suspens et le VG n’a pas subverti mes attentes de ce point de vue…

Les vibrations travaillées de la manette Dual Sense sont un plus, mais ne peuvent à elles seules transcender l’expérience. D’autant que la visée au stick droit n’est pas franchement optimale, avec une vilaine zone morte axiale, qui certes n’est pas rédhibitoire pour un « simulateur de musée ».

Je me dis aussi que Irving a eu beaucoup de chance qu’il y ait une tempête super extrême pile au moment de la visite de Nicole… Sans cette circonstance super arrangeante, comment diable aurait-il fait pour garder Nicole confinée le temps nécessaire pour l’amener à se replonger dans ses souvenirs, ou quoi que fut son plan de psychopathe ?

Une petite déception ! Je n'ai pas détesté car j'ai ressenti quelques frissons d'angoisse en explorant les couloirs et les passages secrets de ce vieil hôtel perdu au milieu de la montagne, dont je garderai sans doute le souvenir, mais le thriller psychologique autour d'un drame passé a vraiment échoué à me convaincre : trop hasardeux psychologiquement, avec en prime un coup de théâtre peu satisfaisant.
Verdict = dispensable | ok | vaut le coup ! | énormissime

 

Note(s)

  1. ^ Présentation du Playstation Store.

 

Galerie d’images

01a
Le VG commence par un montage où l’on alterne entre l’enterrement du père, mis en scène avec une caméra surplombant les parapluies (intéressant)…
01b
…et la lecture par l’héroïne d’une lettre de sa mère écrite avant sa mort et révélée tout juste maintenant par le notaire, car la mère voulait que la lettre soit donnée à sa fille uniquement après la mort de son mari, qui est donc survenue après la sienne…. J’ai eu du mal à comprendre la logique de ce sac de nœuds. On lit au passage que Nicole a milite contre l’avortement, charmant !
02
Bel hôtel même si abandonné.
03
On constate avec ce diorama que l’hôtel est bien paumé !
04
« It was a bad connection » en Anglais, autrement dit : « la réception était mauvaise ». Erreur de traduction, heureusement c’est la seule que j’ai relevée.
05
La chambre de l’héroïne (datant de l’époque où elle était ado).
06
Dans les rares cinématiques mettant en scène Nicole, on ne voit que ses mains !!
07
La montagne au dehors, vue à travers la fenêtre, est super jolie !
08
Un système que l’on connaît bien maintenant : il s’agit de choisir sa réponse parmi plusieurs proposées, en un temps limité ; sinon l’héroïne choisit à notre place.
09
Tout seul dans un hôtel aussi grand et aussi grinçant, on peut ressentir quelques frissons !
10
Cette icône signifie que l’on peut contacter Irving pour lui parler de ce qu’on observe.
11a
J’ai été témoin de ce qui pourrait être un phénomène paranormal : voyez la lumière entre la fenêtre juste à gauche de la lampe et celle encore à gauche ?…
11b
…elle a traversé la pièce, très vite, en émettant un petit son. Je ne sais pas si c’est un bogue, en tout cas, le fait que l’héroïne ne fasse aucun commentaire laisse planer une ambiguïté de plutôt bon aloi pour l’angoisse, non ?
12a
De très nombreux objets peuvent être « observés »…
12b
…mais cela ne sert strictement à rien. Même quand c’est une feuille ou une livre avec du texte, on ne peut pas zoomer donc impossible de lire.

 

Commentaires

1. Le vendredi 15 août 2025, 10:08 par Marie-Thérèse

J’ai bien aimé les images de l’intérieur de l’hôtel, et de l’extérieur aussi avec ses montagnes enneigées! Dommage que le reste n’ait pas été plus travaillé…Merci pour cette nouvelle critique toujours bien soignée !

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