Superliminal (PS5)

Développé par : PILLOW CASTLE GAMES (Washington)

Sorti à l’origine en : novembre 2019 (Europe, version PC)

Comment j’ai pratiqué : Terminé en 3h sur PS5 avec la manette Dual Sense Edge. 60 images par secondes. Version 1.010 (1.10.11.11.667 en numéro interne). Textes en Français et voix en Anglais, avec sous-titres.

Bidouilles diverses : Aucune.

Vous vous endormez à 3 h du matin au son de la publicité ringarde du programme de thérapie par le rêve du Dr Pierce. Vous vous réveillez dans un endroit inconnu, pour réaliser que vous êtes coincé dans un rêve. Un rêve où la perception est la réalité. Bienvenue dans Superliminal.

Superliminal est un jeu de puzzle à la première personne inspiré par les jeux de perspectives et les illusions d’optique. Le joueur doit résoudre des casse-têtes impossibles en sortant des sentiers battus et en apprenant à s’attendre à l’inattendu.

Ce jeu vous offre un univers merveilleusement tamisé, un scénario narré par une voix envoûtante, et des choses vraiment bizarres.[1]

Depuis quelques années il semble avoir émergé un sous-genre de vidéogiciel puzzle / casse-tête à la première personne : celui qui te retourne le cerveau. Je pense à Antichamber et plus récemment à Manifold Garden. Il y a eu aussi Portal et sa suite, c’était un peu moins abstrait mais il y avait le côté « phénomène physique fascinant » qui a peut-être lancé la tendance.

Superliminal chasse sur les terres d’Antichamber, en moins méchant et aussi moins mémorable. Superliminal est relativement court, une petite dizaine de chapitres, dont chacun repose plus ou moins sur un unique gimmick ; il faut le découvrir et le comprendre, puis le VG aligne quelques salles pour l’exploiter et hop, on prend l’ascenseur vers le chapitre suivant. Ce n’est pas très difficile, il n’y a pas de scénario, à peine un contexte consistant à dire que notre personnage est dans une clinique qui nous fait dormir et rêver des choses étranges.

Pourquoi pas ? Ça ne dure que trois heures. Mais j’avoue que l’univers me fascine beaucoup moins que celui d’Antichamber. On traverse principalement des couloirs d’hôtel – soit un couloir d’étage comme dans l’image ci-dessus, soit un couloir de service tout moche.

Les énigmes pour progresser sont marrantes, sans gros gros plus, et surtout elles ont tendance à se répéter. Le gimmick du premier chapitre, qui consiste à attraper un objet et à le faire grossir ou rapetisser selon où on le pose, est reproduit de nombreuses fois dans l’aventure, et il m’a un peu barbé. Il faut dire que c’est toujours laborieux d’à la fois arriver à la taille qui convient ET de positionner l’objet où il faut. Comme la taille dépend de l’endroit où on le pose, on peut vite se retrouver contraint et obliger de rapetisser l’objet pour le déplacer et le grossir à nouveau. Je ne vous parle pas non plus de la galère dès qu’il faut déposer l’objet sur un rebord au-dessus de nous, car la profondeur est super dure à déterminer. En un mot, j’ai trouvé ça laborieux.

Et puis j’admets aussi que les impossibilités physiques mises en scène dans ce VG m’ont dérangé. Genre, mon cerveau a un peu beugué devant un tel piétinement des lois de la physique. Il y a une séquence assez forte où il s’agit de créer un paradoxe ; faire complètement planter l’univers. Je vous explique. On est dans une salle avec une seule porte. Au milieu de la salle il y a une petite maison mobile, que l’on peut redimensionner et déplacer à loisir. La porte de la salle donne sur une pièce au bout de laquelle se trouve une autre porte donnant… sur l’intérieur de la petite maison mobile. C’est-à-dire que si l’on traverse cette porte, on se retrouve dans la maison mobile au milieu de la pièce.

Maintenant… Que se passerait-il si je transportais cette maison mobile… Et lui faisais traverser la porte donnant sur son propre intérieur ?

Si votre cerveau ne fond pas en lisant ceci, sachez que c’est la solution de l’énigme ; après avoir fait ça, l’univers autour de nous se désagrège, on a fait planter la matrice !

Bref, vous l’aurez compris, il y a quelques moments « WTFesques » assez sympathiques. Par ailleurs, les chapitres disposent chacun de plusieurs secrets à découvrir, mais je ne me suis pas lancé dans la quête de tous les trouver, je me suis contenté de chercher comment compléter l’aventure et c’était suffisant pour moi.

Je suis donc assez nuancé sur Superliminal. Il a été par moments presque désagréable en contrariant mon cerveau rigide ou en me confiant des tâches rébarbatives ; il ne m’a pas séduit par son univers, son histoire, tandis que son challenge était trop simple ; pourtant, il y a toujours quelque chose d’intéressant, d’intrigant à résoudre ces énigmes impossibles, complètement perchées d’un point de vue physique.

Pas mon préféré parmi les retourneurs de cerveau de la famille d'Antichamber, Superliminal fait quand même le job dans sa courte durée.
Verdict = dispensable | ok | vaut le coup ! | énormissime

 

Note(s)

  1. ^ Présentation du Playstation Store.

 

Galerie d’images

01a
Voyons cette rangée de tiroirs…
01b
…ce côté est bien sombre…
01c
…mais…?!? Un couloir ?…
01d
…qui mène où ?…
01e
…dans une salle avec une constellation d’étoiles ?!?…
01f
…qui forment un babybel de l’espace ?!?
02a
« Die » ? « Meurs » ?…
02b
…ah mais non ! « Diet soda », ou « boisson sans sucre ». Lol !
03a
Qui est là à m’épier derrière la vitre de la porte ?…
03b
…ah ben personne en fait.

 

Commentaires

1. Le mercredi 13 novembre 2024, 18:13 par Marie-Thérèse

Moi aussi , j’en aurais eu le cerveau retourné avec cette petite maison où l’on finit par se retrouver à l’intérieur tout en s’éloignant.
Je n’ai pas compris la signification de « gimmick », c’est la première que je le rencontre, en revanche après réflexion ,j’ai compris « WTFesque » qui m’a bien fait rire !

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