It Could Happen to You (PS5)

Développé par : PIXEL NOIRE GAMES (Espagne), porté (ou seulement distribué ?) sur PS5 par RATALAIKA GAMES (Espagne)

Sorti à l’origine en : octobre 2024[1] (Europe, version PC)

Comment j’ai pratiqué : Terminé en quelques heures (2 ou 3 sessions) sur PS5 avec la manette Dual Sense Edge. 60 images par secondes. Version 1.000.000. Textes en Anglais, pas de voix.

Bidouilles diverses : Aucune.

Vos vacances tranquilles dans un petit village sont soudainement interrompues lorsque d’étranges lumières se mettent à rôder à la nuit tombée et que le bétail est retrouvé mutilé, ce qui terrorise la population. De mystérieux hommes en noir harcèlent les villageois, dont certains ont même disparu.

Vous incarnez le seul espoir de les retrouver.

Parviendrez-vous à tous les sauver et à découvrir ce qui se trame une fois le soleil couché ?

Préparez-vous à entrevoir un mystère qui vous suivra chez vous.

Cela pourrait très bien vous arriver.

Caractéristiques :
• Une histoire immersive et palpitante dotée d’une narration ramifiée qui comporte plusieurs fins.
• De nombreux endroits à explorer, différents de jour et de nuit.
• Un style visuel rétro unique qui associe pixel art et photographie.
• Une bande originale sombre au synthétiseur, dans le style des années 80.
• Système de point-and-click.
[2]

Les développeurs espagnols de PIXEL NOIRE présentent leurs productions, comme It Could Happen to You (disons ICHTY), comme des visual novels, ou romans visuels ; le même style revendiqué que par exemple Doki Doki. De loin cela ressemble à un VG d’aventure en pointer-cliquer ; de près on réalise que la progression ne présente quasiment pas de challenge, que les rares vrais choix significatifs qui nous sont confiés entraînent le récit dans une direction ou une autre, avec différents dénouements à la clef.

Quand je dis « pas de challenge », je pense à ce qu’il n’y a pour ainsi dire aucun obstacle à notre progression ; il s’agit d’épuiser toutes les actions possibles à l’écran. Avec une petite exception vers la fin, où l’on se trouve dans une station balnéaire que l’on peut visiter de jour ou de nuit, se reposer à l’hôtel permettant de faire avancer le temps, et où certaines actions ne peuvent être entreprises que le jour ou que la nuit… Rien de très caché, mais un minimum de résistance de la part du VG, et la nécessité de nous « mobiliser » un peu plus.

Vous avez lu la présentation et vous avez observé l’illustration ; vous avez donc compris que graphiquement c’est rétro, très pixellisé. Okay.

Le gros problème que j’ai avec ICHTY, ce n’est ni son esthétique, ni la simplicité de son challenge interactif. C’est son histoire. Celle-ci commence fort bien, avec un séjour à la campagne où l’on enquête, à la demande des villageois, sur des événements étranges qui évoquent beaucoup des extraterrestes : on parle d’hommes en noir parlant étrangement, d’enlèvements, de bétail massacré, de lumières dans le ciel… Fermiers versus aliens, je dis pourquoi pas ? Ce n’est pas très original mais le traitement peut être frais et sympa.

Hélas ! Ce chapitre se termine aussi vite qu’il a commencé, puis on enchaîne avec les hommes en noir qui traquent le héros de retour à la ville, un individu mystérieux au visage de démon « Mister Greene » qui l’aide à s’échapper et semble omniscient, une créature ailée qui quand on la voit annonce une catastrophe, une station balnéaire où un garçon disparu il y a cinq ans réapparaît sans avoir grandi…

Le scénario part dans tous les sens et se conclut de façon extrêmement peu satisfaisante, sans éclairer quoi que ce soit, avec des persos qui se satisfont de n’avoir rien compris à l’ensemble des événements… L’arnaque.

Je salue l’interface à la manette que j’ai trouvée très confortable. Le stick gauche déplace le curseur, le stick droit idem mais moins vite, et les deux ont une scaled radial deadzone idéale ! C’est suffisamment rare pour le souligner. La récente mise à jour du VG pointer-cliquer Stasis sur PC a inclus le support manette mais avec une zone morte axiale donc nullissime. Il est sorti une version PS5 sur laquelle je mise peu d’espoirs sur cet aspect…

Un visual novel au style graphique original et à l'interface sympathique mais à qui il manque l'essentiel : une histoire bien construite et satisfaisante. J'adore le paranormal mais ici l'intrigue ne va nulle part et accumule les poncifs.
Verdict = dispensable | ok | vaut le coup ! | énormissime

 

Note(s)

  1. ^ Au cours de mes recherches sur internet, je me suis aperçu que le VG avait changé de nom avant sa sortie : les développeurs l’appelaient « When it Gets Dark » sur Facebook en 2020. Je ne m’explique pas non plus le temps écoulé jusqu’à la sortie (fin 2024) car dans plusieurs posts de 2020 le VG me semble déjà bien avancé… Mais c’est peut-être seulement une impression.
  2. ^ Présentation du Playstation Store.

 

Galerie d’images

01
Le journaliste nous explique la légende urbaine autour des créatures ailées qui apparaissent avant la survenue d’une catastrophe… Exactement le même thème que dans le film LA PROPHÉTIE DES OMBRES.
02
Je trouve que le style graphique fonctionne assez bien.
03a
Il arrive que le VG nous confie de choisir entre plusieurs actions possibles pour le protagoniste. Ici, après avoir reçu un appel de notre collègue Robert, en détresse, et que notre téléphone s’est éteint, trois options s’offrent à nous : courir à l’appartement de Robert, charger le téléphone et appeler une ambulance, ou bien ignorer tout cela et rester à la maison…
03b
…j’ai choisi de charger le téléphone pour appeler une ambulance. Malheureusement, le VG m’a un peu arnaqué car voilà ce qu’il m’a dit : « vous avez branché le téléphone et avez attendu qu’il remarche… Cela a pris une heure. » Non mais euh quoi ? Dans quel monde on doit attendre une heure après avoir branché un téléphone pour passer un appel ?
04
Les développeurs espagnols ont écrit leur VG en langue anglaise mais pas sans fautes… Une erreur récurrente que j’ai vue, c’est mettre le verbe au participe passé (plutôt qu’à l’infinitif) après « let’s », « did »… Ici il fallait écrire « let’s not stand here ».
05
Le premier chapitre a quelques moments délicieusement angoissants / répugnants avec notamment ces tuyaux de chair avec à leur extrémité une bouche pleine de dents…
06a
La narration est à la seconde personne (« you »), le texte raconte ce que le protagoniste fait et ressent en nous assimilant à lui. Ici : « la dernière fois que vous êtes venu, vous étiez un petit enfant, et tout vous paraissait plus grand et plus impressionnant »… Dans ce qui est écrit, le protagoniste existe cependant plus en terme de sensations, de souvenirs et d’actions (décider de faire un séjour à la campagne, insister pour participer au raid de la police à la ferme des kidnappeurs…) qu’en terme d’émotions, qui sont aux abonnés absents. Je n’ai jamais lu par exemple « vous êtes horrifié par la vision qui s’offre à vous et restez figé une bonne minute avec une difficulté pour respirer. Vous avez besoin de sortir. Alors les larmes vous submergent. » Heureusement tout de même, la musique prend un peu ce rôle en diffusant une certaine angoisse… Mais du coup on reste dans ce registre unique (avec aussi quelques moments de panique).
06b
Voici l’interface classique que l’on retrouve dans tous les écrans : des icônes pour l’observation, le déplacement et l’action. Ça ne se voit pas ici mais l’image n’est pas totalement fixe, on voit le ciel et les nuages bouger un peu, c’est sympa, immersif.

 

Commentaires

1. Le dimanche 27 juillet 2025, 17:24 par Marie-Thérèse

Très rafraîchissant, ces images pixellisées à notre époque ! Dommage qu’il manque l’ Histoire comme pour faire un bon film disait je ne sais plus qui… Jean Gabin si ma mémoire est bonne ! Chouette la zone morte qui t’a bien fait plaisir !

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